9/10/1845 Naissance de Ferdinand Arnodin à Sainte-Foy-lés-Lyon. Son père Thomas est en déplacement comme conducteur de travaux chez Séguin. Avec son épouse, Rose Dupont, ils vivent modestement dans le quartier industriel de Lyon, La Mulatière. Lui est issu d’une famille de charpentiers de la région parisienne et elle est née près d’Elboeuf en Normandie. Il a « poussé de ses robustes épaules » la première locomotive à chaudière tubulaire qui a permis au règne de la vapeur de s’imposer pendant si longtemps.
12/10/1845 A midi, par devant nous, M Berthet, adjoint au maire de la commune de St Foy-Les-Lyon, canton de St Genis –Laval (Rhône ) et officier délégué de l’état civil, est comparu Thomas Arnodin, âgé de trente quatre ans, conducteur de travaux d’art, demeurant en cette commune à La Mulatière, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né dans son domicile le 9 courant à 9H du soir, de lui comparant et de Rose Désirée Dupont sa femme, auquel il a donné les prénoms de Joseph Ferdinand. Etaient présents M Joseph Chevallet, âgé de vingt neuf ans, employé au Fort, et Laurent Jacquet, légiste, âgé de quarante ans, domiciliés à St Foy, qui ont signés avec nous et le comparant, après lecture.
26/05/1848 Décès de sa mère ( née près d’Elboeuf ) à son domicile de Nogent-sur-Seine.
7/05/1849 Remariage de Thomas, son père, entrepreneur de travaux publics, domicilié à Chatillon ( Seine ) avec Antoinette Joséphine Issert de Châteauneuf/Loire.
1849 Installation de Ferdinand Arnodin à Châteauneuf/Loire dans le quartier des mariniers de la Loire, où son père avait été envoyé par la maison Séguin frères à laquelle il était attaché comme chef de travaux.
1851 Naissance D’Eugène Georges Arnodin.
12/1851 Naissance de Cécile Arnodin.
1854 Naissance d’Henriette Léonie Arnodin.
Ferdinand Arnodin vit mal la situation familiale et pour oublier le manque d’affection maternelle, il fait l’école buissonnière. A 9 ans, il ne sait pas lire et ne connaît pas même l’existence de l’alphabet : il passe ses journées à observer la nature et son père sur les chantiers. Son retard scolaire est vite comblé grâce à un instituteur ferme et consciencieux, Casimir Poullin, qui décèle de réelles capacités chez Ferdinand. Le jeune garçon occupe très vite la première place de sa classe.
1856 Naissance de Joseph Albin Arnodin.
Thomas Arnodin, marchand de bois, âgé de 41 ans, habite 64 rue du port à Châteauneuf/Loire avec son épouse Issert, âgé de 28 ans, son fils Ferdinand, âgé de 11 ans, leur fils Eugène, âgé de 5 ans, et leur deux filles Cécile, âgé de 5 ans, et Henriette, âgé de 2 ans.
Marc Seguin introduisit en France le pont suspendu qui d’Asie s’était répandu en Amérique puis en Angleterre. Il adopte ce nouveau système à nos besoins, le perfectionne et confie la construction du pont suspendu de Châteauneuf/Loire à Thomas Arnodin.
Ecole primaire puis cours de l’école professionnelle d’Orléans.
Son père, appréciant les qualités hors ligne dont son fils était doué, et sentant qu’il pouvait compter non seulement sur ses aptitudes, mais encore sur son ardeur au travail, voulut qu’il complétât son instruction en apprenant pratiquement le métier de charpentier, le métier de tailleur de pierres et le travail des pièces métalliques. A cet effet il le plaça à Paris dans diverses maisons de construction et régla ainsi l’emploi du temps :travailler le jour comme compagnon pour apprendre le maniement des outils, et, après une longue et rude journée, travailler encore, même la nuit, pour apprendre la technique. Les maigres gains de la journée devaient pourvoir aux frais d’études.
Il fut assidu aux cours du soir du conservatoire national des arts et métiers, et étudia notamment les ouvrages de Navier, Claudel, Debauve, Croizette-Desnoyers et autres, où il trouva, résumés avec une lumineuse clarté, les cours supérieurs de l’école nationale des ponts et chaussées.
La compagnie Séguin, devenue la société générale des ponts à péage, lui confia alors les fonctions d’inspecteur de ses ouvrages.
Soucieux de ménager les intérêts dont il avait la garde, il s’ingénia à améliorer constamment, tout en ne se départissant pas de la plus stricte économie, l’état des ponts suspendus appartenant à cette société. Il commence à essayer de porter remède à ces constructions primitives, s’attachant spécialement à étudier un système qui permettrait la réparation des ponts sans en interrompre le service. Doué d’une force peu commune, travailleur acharné et d’une imagination féconde, il déposera plus d’une vingtaine d’inventions.
Parmi ses souvenirs d’enfance qu’il aimait à rappeler dans des conversations intimes, Ferdinand racontait, non sans verve, qu’il avait assisté à des essais, alors peu concluants, de locomotive, faits par Marc Seguin, l’inventeur de la chaudière tubulaire, en présence de nombreuses notabilités scientifiques et administratives de l’époque.
1861 Thomas Arnodin, entrepreneur âgé de 48 ans, habite Grande rue du port à Châteauneuf/Loire, avec son épouse Joséphine Issert 33 ans, son fils Ferdinand 16 ans, Leur fils Eugène 10 ans, leurs deux filles Cécile 11 ans et Henriette 7 ans et leur fils Joseph 5 ans.
18/02/1866 Décès de Thomas Arnodin, employé de travaux publics à Lorient. La famille Arnodin n’habite pas à Châteauneuf/Loire.
1866 Ferdinand Arnodin réalise son premier chantier, le pont de Kermolo près de Lorient à l’âge de 21 ans. Là-bas, il rencontre sa future épouse, Charlotte Kérihuel qui habite la maison la plus proche du pont.
1867 Ferdinand Arnodin dépose sa première invention : C’est un toueur, bateau remorqueur hydraulique qu’il perfectionnera en 1888 par l’invention d’un mouvement et d’un treuil pour touage par câble métallique des bateaux en eau courante. Ce toueur, déclare Arnodin « offre sur la vapeur l’avantage qu’il dispense de l’emploi d’un mécanicien, d’un chauffeur et qu’il ne consomme pas de charbon. De plus, ce système excelle dans les endroits àù la violence du courant rend l’emploi de la vapeur impraticable ».
15/09/1868 Mariage à Ploemeur de Ferdinand Arnodin, conducteur de travaux domicilié à Châteauneuf/Loire, avec Charlotte Isabelle Kérihuel, née à Ploemeur en 1844. Tous les témoins sont de Ploemeur.
23/10/1870 Naissance de Ferdinand Joseph Marie Arnodin à Ploemeur.
1872 Inspecteur des ponts de la compagnie générale Ferdinand Arnodin fonde sa propre entreprise Son choix se porte sur Châteauneuf sur Loire, la ville de son enfance qui est à cette époque touchée de plein fouet par le déclin du trafic sur la Loire et dispose donc d’une main d’œuvre qualifiée. Il quitte la Bretagne entraînant avec lui ses beaux-frères et achète des terrains en Mars et fonde à 27 ans son entreprise. Il développe de géniales capacités d’invention comme le câble à torsion alternative, qui permettra le renouveau de l’industrie du pont suspendu, du pont transbordeur, la réfection des ponts en fer si caractéristique de la Loire. Il habite 26 grande rue du port à Châteauneuf/Loire avec son épouse, leur fils Ferdinand et leur domestique de 14 ans. Au 109 grande rue du port habitent Antoinette Issert, veuve de Tomas Arnodin, receveuse du pont suspendu, son fils Georges, 21ans charpentier, ses deux filles Cécile 20 ans et Henriette 18 ans lingère, et son fils Joseph 16 ans apprenti charpentier.
A l’entrée de son bureau d’études figuraient les maximes suivantes :
« L’expérience est la source unique de vérité (H. Poincaré ).
« Toutes nos connaissances ont leur point de départ dans l’expérience ( Kant ).
« La plus grande qualité de l’ingénieur est d’être observateur (cette maxime était de lui-même ).
Ses premiers chantiers sont ligériens : Jargeau et Châtillon-sur-Loire
18/10/1872 Naissance de Georges Arnodin à Châteauneuf/loire.Les témoins sont des relations de travail.
1873 Ferdinand Arnodin entreprend la réfection de deux travées du pont suspendu de Châteauneuf/Loire détruites pendant la guerre de 1870 et la réfection du pont de Beaugency.
1/ 04/1874 Naissance d’Aline à Châteauneuf/Loire.
Mariage à Châteauneuf/Loire de Cécile Arnodin avec Virgile Baudin, charpentier. Son frère Georges Arnodin, domicilié à Chatillon, est témoin.
1874 Ferdinand Arnodin reçoit la médaille de sauvetage, à la suite d’un acte de dévouement ; Il a sauvé de la noyade une femme à Ancenis. Décoration qu’il préférait à toutes les autres : Officier de la légion d’honneur, Croix d’Isabelle la Catholique, Commandeur du Nicham Iftikhar.
Ferdinand Arnodin invente le nouveau câble à torsions alternatives et la câbleuse capable de le réaliser. Ce nouveau câble est utilisé pour la première fois sur le pont de Saint Ilpize sur l’Allier. Ce pont deviendra pour de nombreuses années le pont suspendu type, décrit d’ailleurs dans les manuels de l’école spéciale des Ponts et Chaussées.
1876 Ferdinand Arnodin a pu réduire peu à peu deux crises : celle du Phylloxéra qui touche toute la population vigneronne et celle du déclin de la marine de Loire.
13/09/1879 Naissance de Maxime Charles Arnodin.
09/1881 Inauguration du toueur qui portait le nom de son inventeur Ferdinand Arnodin. (bateau remorqueur hydraulique équipé d’un treuil autour duquel s’enroule et se déroule un câble qui a son point d’amarrage à l’écluse de Mantelot ) Une convention avait été signée en juillet 1881 entre Ferdinand Arnodin, le constructeur, Eugène Arnodin, son frère, charpentier et Alphonse Tripet, entrepreneur de passage, demeurant tos deux à Châtillon sur Loire ainsi que le constructeur du remorqueur, Guillaume Imbault, maître marinier à Châteauneuf/Loire. Ces quatre hommes avaient décidés de s’associer pour monter et exploiter un service de touage pour le passage des bateaux du canal latéral à celui de Briare et vice-versa, à la traversée de la Loire à Châtillon. Ce bateau avait été construit à Châteauneuf avec une coque en fer et en bois puis acheminé à Châtillon ; Il comportait un équipage de six hommes ; la traversée de l’écluse de Mantelot à l’écluse des combles, soit 1.500m, coûtait à l’époque 40F. La mise en service toueur à câble de Ferdinand Arnodin avait constitué un progrès important par rapport au toueur à chaînes dans le lit du fleuve. Ce service de touage était géré par le frère de l’inventeur, Eugène Arnodin, qui avait été victime d’un accident dû à la chute d’un madrier au pont de Châtillon et qui ne pouvait plus assumer de travaux pénibles. Dans sa séance du 1 er avril dernier, le conseil Municipal a décidé de donner au pont suspendu de Châtillon, le nom de Pont Eugène Arnodin, afin de perpétuer le souvenir de cet homme qui avait fait passer tant de péniches d’une rive à l’autre de la Loire.
Pour poursuivre leur chemin vers Paris en empruntant le canal de Briare ( qui partait de l’écluse des Combles, en aval du pont de Châtillon, sur la rive droite ) les péniches devaient donc traverser La Loire. Un chenal empierré ( qui existe toujours ) avait été créé au milieu du fleuve au départ de l’écluse de Mantelot pour faciliter ce transbordement et un remorqueur ou toueur était nécessaire pour accompagner les péniches d’une écluse à l’autre, les maintenir dans le chenal, les tirer si le passage se faisait à cotre courant ou les retenir si le trafic avait lieu en sens contraire afin d’éviter qu’elles soient entraînées par le flot.
1882 Ferdinand Arnodin se lance dans les dragages des jards ( bancs de cailloux ) dans la loire. . Il invente un système de chemin de fer aérien qui permet de relier le lieu d’extraction du sable au lieu de chargement des véhicules à Combleux.
31/08/1886 Naissance de Ferdinand Georges Marie.
1887 Le souci de la recherche de solutions économiques et pratiques allié à son esprit d’observation toujours en éveil conduisent Ferdinand Arnodin à concevoir de nouveaux systèmes permettant d’améliorer les techniques employées pour les ponts suspendus mais aussi les conditions de travail sur les chantiers. C’est le cas notamment pour son invention de la grue roulante et pivotante à portée variable
5/11/1887 Ferdinand Arnodin dépose le brevet des ponts à transbordeur pour grand débouché, servant à la traverse des voies maritimes. Dans une chanson populaire sur le transbordeur de Nantes, on relèvera : « C’est pt’être pas la tour Eiffel, mais sûrement sa sœur »
7/04/1889 Note de Ferdinand Arnodin sur les avantages des câbles à fils tordus sans ligatures, comparés aux câbles à fils parallèles réunis en faisceaux par des ligatures : Ces câbles son exécutés en fils à torsion dans les deux sens, suivant le procédé Arnodin, et sont plus durables et plus résistants que l’ancien à fils parallèles, partout abandonné aujourd’hui dans les constructions neuves. Dans les câbles à fils parallèles d’une bonne fabrication, la perte de résistance résultant des inégalités de tension de la mise en câbles est d’environ 20% de la somme des résistances de tous les fils qui composent le faisceau rompus isolément .Dans les câbles à fils tordus, la perte n’est que de 4 à 5%, gagnant ainsi environ 15ù sur la résistance des fils en faisceaux réunis par des ligatures. Il en résulte une sécurité beaucoup plus grande à section égale, ou en poids, et un côut moindre à égale résistance.
1890 Ferdinand Arnodin est fait chevalier de la Légion d’honneur.
Il sollicite Louis Vavasseur, un des responsables de la fonderie de Fréteval, et l’incite à construire sa fonderie à Châteauneuf. Il l’aidera à partir de 1891 à acheter les paillots ( jardins ) situés à l’angle de l’avenue du Gâtinais ( actuellement Albert Viger ) et de la voie SNCF. Vers 1898 la fonderie est opérationnelle .Elle produit les culots d’extrémité des câbles et certaines pièces d’appui, de déviation ou d’accrochage de ces mêmes câbles.
3/04/1890 De l’amovibilité des pièces dans les ponts suspendus préconisé par Ferdinand Arnodin : « Pouvoir entretenir pour pouvoir faire durer ».
« Les ponts suspendus dits « à pièces amovibles » tels qu’ils ont été imaginés et mis en pratique dans ces dernières années par la maison Arnodin, se prêtent surtout à une durée beaucoup plus longue que tous les autres ponts métalliques, par la facilité qu’ils procurent de renouveler individuellement chaque pièce sans influencer de manière fâcheuse l’ensemble de l’ouvrage, lequel peut continuer à desservir la circulation même durant l’opération du renouvellement de l’une quelconque de ses pièces. Pour la suspension, la méthode que nous avons imaginée pour rendre les câbles amovibles et que nous avons expérimentée aux ponts de la Gare à Lyon, de Givors sur le Rhône, de Lamothe sur l’Allier, de la Caille sur le torrent des Usses, de Tonnay-Charente, de l’Abîme sur le Chéran, de Saint Claude, du Midi sur la Saône à Lyon, d’Avignon sur le Rhône, etc, etc… consiste à mettre le chevalet de la tête des tiges en dessous des câbles, au lieu de le mettre en dessus selon l’ancienne coutume.
C’est sans aucun doute pour réagir contre ces errements trop longtemps suivis, ( Lorsque l’on a construit ces premiers ponts suspendus, il était de règle d’admettre qu’ils ne pourraient produire qu’une courte carrière. Aussi, malgré les grands services qu’ils ont rendus, n’ont-ils généralement été considérés au début que comme des ouvrages provisoires, et comme tels ils ont été insuffisamment étudiés, trop légèrement établis, trop flexibles et construits en matériaux peu durables ) qui affectent dans une certaine mesure la sécurité et la fortune publiques, que M le ministre des travaux publics, dans sa circulaire du 27/12/1886 et M le ministre de l’intérieur, dans celle du 7/07/1889, signalent aux fonctionnaires de leur département la convenance qu’il y a d’introduire dans les ponts suspendus de leurs services « le principe de l’amovibilité ». »
24/07/1893 Le premier pont à transbordeur dans le monde : le pont de Bilbao ou le Puente de Viscaya est ouvert à la circulation .
Arnodin remarque qu’à Bilbao « la foule (…) s’est littéralement précipitée dans le transbordeur où elle s’entassait à s’étouffer, au nombre de 350 à 400 personnes, dépassant donc la charge d’épreuve pour laquelle l’appareil a été calculé ».
Cet ouvrage fut détruit en 1937 lors de la guerre civil, mais les services qu’il rendait étaient tels qu’il fut reconstruit et remis en service dès l’année 1941.
12/12/1893 Lettre de Martin Alberto de Palacio à Ferdinand Arnodin au sujet d’un projet de dépôt commun du brevet des transbordeurs en Allemagne
1894 Ferdinand Arnodin présente les caractéristiques techniques du pont transbordeur dans une publication intitulée « Notice sur le pont à transbordeur ou voie ferrée à rails supérieurs, système F Arnodin et A De Palacio pour la traversée des passes maritimes ». Il explique en premier lieu l’intérêt d’un tel ouvrage dont la fonction est de permettre la traversée des passes maritimes réputée difficile, dans la mesure où ces dernières sont soumises « à la variation des marées, aux vagues, aux courants, aux mascarets et aux glaces ». Néanmoins, ces traversées sont indispensables aux « besoins de transports économiques qui s’imposent de plus en plus et partout, au fur et à mesure que l’on avance dans le progrès ». Arnodin insiste sur la dimension esthétique du transbordeur « Les pylônes métalliques se prêtent du reste parfaitement aux motifs architecturaux de décoration rentrant dans le caractère de l’ouvrage (…) La construction formera par elle-même un monument remarquable, encadrant également les quais et la rade ; elle constituera par son originalité autant que par la hardiesse de ses lignes, un objet d’attraction pour les promeneurs ».
De nombreux courriers, ainsi que des plans attestent d’un projet déjà bien engagé d’un transbordeur sur l’Escaut, en Belgique, entre Hoboken et Cruybeke entre 1894 et 1910 et qui ne verra jamais le jour.
4/05/1894 Lettre de Ferdinand Arnodin à Palacio expliquant qu’il revient d’Anvers où il a fait une demande de concession pour un transbordeur pour lequel il doit remettre un projet : « naturellement, je le mettrai à nos deux noms comme l’est le brevet ».
1895 Ferdinand Arnodin propose au ministère des travaux publics de construire, sur la Seine, un pont à transbordeur à concession, à ses frais. On lui répondit que techniquement, un tel ouvrage n’était pas réalisable.
1897 Ferdinand Arnodin présente un projet pour un pont transbordeur à Bordeaux et un projet pour la traversée de la Seine maritime à la pointe de Tancarville sur transbordeur.
Il présente un projet de pont à transbordeur au port du Havre pour relier le quai d’escale au boulevard François premier et éviter le difficultueux détour par le pertuis des bassins.
14/08/1897 Ferdinand Arnodin dépose le brevet d’une grande grue de chantier dont la principale caractéristique est de s’élever au fur et à mesure du montage en prenant appui sur les poteaux qu’elle vient de hisser. « grue roulante, pivotante, à portée variable et à moteur indépendant, susceptible de s’élever automatiquement dans le sens vertical ». Sa principale particularité réside dans un mécanisme complexe permettant avec une manivelle de lever une charge, de dresser la flèche, d’orienter la grue, de la translater et de la faire grimper sur l’ouvrage qu’elle construit. Le mécanisme de translation motorisant les quatre roues assure en parallèle l’élévation de la grue au moyen de quatre écrous, un auprès de chaque roue. Quatre tiges filetées placées dans ces écrous sont poussées vers le bas par ce mécanisme, entraînant l’élévation de la grue vers le haut, dés que les tiges rencontrent un obstacle mis en place pour la circonstance. Des clames accrochent la grue sur les fers de l’ouvrage, le temps de remonter les vis pour recommencer la manœuvre. En fin de travaux, la grue arrivé au sommet est démontée pour être redescendue morceau par morceau.
12/06/1898 Inauguration du pont transbordeur de Bizerte,.
Ferdinand Arnodin est fait commandeur du Nichan-Iftikhar.
14/09/1899 Construction du pont transbordeur de Rouen. A l’inauguration, Ferdinand Arnodin offre la recette de la première journée aux pauvres . Le public a la possibilité de monter dans les pylônes pour l’accès au tablier du pont. Il s’agit d’une excursion touristique comme l’indique la pancarte au bas des escaliers : « Ascension 0,50F.. Cure d’air, gymnastique des artères et des poumons, magnifique panorama ( compter 0,75F. pour les porteurs d’appareils photographiques ».
1899à 1902 Membre correspondant de la chambre de commerce d’Orléans.
1900 Un grand prix à l’exposition universelle est décerné à Ferdinand Arnodin
02/1900 Décès d’Henriette Arnodin, à son domicile de la rue du port, déclaré par son demi-frère Ferdinand Arnodin et son fils Georges, employé.
29/07/1900 Inauguration du pont transbordeur du Martrou à côté de La Rochelle, pour le compte du département, ayant coûté à l’époque 640.000F. et qui depuis le 30/04/1976 est classé monument historique. Pierre Lotti trouve que le transbordeur est « laid comme une tour Eiffel ». Julien Gracq précise : « Le transbordeur de Rochefort (…) enjambait, très loin de la ville, au milieu des prairies, et dans le prolongement d’une sorte de chemin vicinal, la maigre Charente, encore amaigrie à marée basse par le double lé de vase grise qui se découvrait sur ses berges : cet attribut constitutif d’une grande ville réduit dans ses dimensions, ridiculisé par son transfert à la campagne, me désappointa et – tant mon sens hiérarchique en la matière était resté vif – me fit l’effet dune mauvaise plaisanterie, à la manière du pavillon de Baltard réimplanté dans une banlieue lointaine ».
22/10/1900 Mariage à Châteauneuf/Loire d’Aline Arnodin avec Gaston Leinekugel Le Cocq. Témoins : Virgile Baudin, ingénieur conducteur de travaux, Victor Kérihuel oncle et conducteur de travaux, Gaston de Lonchamps examinateur de Maths à St Cyr et Lucien Leinekugel Le Cocq militaire.
Allocution prononcée par le Cardinal Touchet à cette occasion en parlant de Ferdinand Arnodin : « Je me suis lié promptement avec lui. Ces hommes qui se font eux-mêmes, qui tirent d’eux-mêmes, à force d’intelligence, d’honnêteté, de travail, de bon sens, leur situation, celle de leur famille ; Ces hommes qui sont des créateurs de la fortune publique, qui font vivre, en se les associant, des centaines d’ouvriers ; Ces hommes qui sentent la responsabilité du patronat et sont décidés à en remplir les multiples obligations ; Ces hommes dis-je, conquérants pacifiques, sont dignes de tout respect. »
1901 Ferdinand Arnodin est fait chevalier de l’ordre d’Isabelle la catholique.
29/08/1901 poème écrit par Ferdinand Arnodin à bord de l’Alma
« A mes petits enfants….. à naître :
Par une belle nuit d’août 1901 ;
Un homme songeait sur le pont d’un navire ;
N’ayant que le ciel et la mer comme témoins ;
Dans la solitude….il regardait l’avenir.
L’homme était âgé sans être un vieillard ;
Ses cheveux blancs encadrant une osseuse figure,
Sa haute taille penchée sur le bord du gaillard,
Indiquaient qu’il vivait une existence dure.
Relevant la tête .. après avoir songé,
Il envoya vers le ciel une ultime prière,
Sur ce navire porté par les flots légers,
N’ayant que le timonier veillant à l’arrière .
A quoi songeait-il ? aux siens laissés à terre ;
A sa vielle compagne…aux femmes mères
Que certaines espérances rendent plus chères.
Il pensait… que bientôt, il serait grand-père.
C’était donc pour de petits enfants sous peu nés
Qu’il avait envoyé vers le ciel sa prière ;
Elle fut fervente dans cette immensité
Eloignée des turpitudes de la terre.
Elle fut laconique comme une devise ;
Les grandes impressions se doivent résumer
Afin de raffermir aux heures indécises,
Les esprits chancelants qu’elle devra guider.
L’homme levant les yeux vers la voûte étoilée
Avait dit : Qu’ils soient bons, qu’ils soient fermes ; qu’ils soient forts,
Cela vaudra mieux pour eux que d’être dotés
Par les bonnes fées De tous les pactoles d’or.
En effet, que serions-nous sur terre sans bonté
Sans fermeté et force sans caractère ;
Nous serions l’épave dans les flots ballottés
Tirant, souffrant de misère en misère.
Petits-enfants, lorsque vous serez grands
Que cette devise vous devienne chère
Car l’homme qui pour vous l’a dit sur l’océan
Vous aimait beaucoup, c’était votre grand-père. »
8/03/1902 Le pont à transbordeur de Marseille est déclaré d’utilité publique par le décret du président de la république Emile Loubet. Il paraît au journal officiel le 12 mars suivant.
1903à1919 Membre titulaire de la chambre de commerce d’Orléans.
1903 La chambre de commerce d’Orléans est saisie par la chambre de commerce de Genève d’un projet de percement de La Faucille partant de Lons-Le-Saulnier, passant par St Claude, aboutissant à Genève et conduisant à Milan. D’autre part le ministre du commerce demandait un avis sur le même projet. M Arnodin se chargea de la réponse à faire. Il exposa d’une façon lumineuse le pour et le contre, et il conclut en disant : « La lutte commerciale est aujourd’hui tellement grande entre les nations, que nous devons appliquer nos efforts surtout à faire voyager économiquement la marchandise sur notre territoire, et non pas la diriger sur les pays voisins. » Conformément à ses conclusions, la chambre de commerce donna un avis défavorable.
Etude présentée par Ferdinand Arnodin et Gaston Leinekugel Le Cocq pour la construction du pont à transbordeur porte-train sur la Seine entre Quilleboeuf et Port Jérôme. Cet ouvrage de 470m. de portée, avec un tablier à 50m. au-dessus du niveau du fleuve , devait permettre de réaliser la condition inscrite dans la convention de 1883 qui prévoyait la traversée ferroviaire de la Seine entre le Havre et Rouen.
3/04/1903 Ferdinand Arnodin a 58 ans. Au moment de la dernière opération de montage du pont à transbordeur de Nantes, du haut du tablier où il dirige les ouvriers, il saute sur la travée centrale située à un mètre en contrebas et qui n’est pas encore fixée.
19/10/1903 Epreuves du pont transbordeur de Nantes. Nouveau pont suspendu dit à contrepoids. Le technicien chargé du contrôle de notre projet d’exécution, M l’ingénieur en chef des ponts et chaussées Lebert, avait conclu au rejet du projet. D’après son étude technique, le tablier devait flamber vers le haut, lorsque la nacelle en surcharge d’épreuve, pesant 120T en chiffres ronds, circulerait sur le tablier. C’est ainsi que nous avons été conduit à exécuter dans nos ateliers, un modèle en acier à échelle réduite. Avec des essais de surcharges progressivement croissantes, nous avons pu démontrer que ce système était entièrement réalisable, c’est ce qui fut adopté pour Nantes et Marseille. La construction dura du 25/08/1902 au 20/10/1903 et fut ouvert au public le 1/11/1903.
Julien Gracq écrira : « La singularité matérielle du port de Nantes- la seule par laquelle il l’emportait pour moi sur Saint-Nazaire- était la possession d’un pont transbordeur : elle le faisait accéder, dans mon esprit, à un club très fermé des ports de mer, qui, en dehors de lui, ne comprenait que trois membres : Marseille, Rouen et Rochefort (…) Le pont transbordeur de Nantes(…) était alors aussi inséparable de l’image du port que l’est la Tour Eiffel de la perspective du Champ de Mars ».
Le pont fut démonté en 1958.
1904 M Rouvier, alors ministre des finances, proposa l’établissement d’un impôt sur le revenu. Ferdinand Arnodin discuta, point par point, tout le système. Il mit en relief toutes ses défectuosités, notamment le contrôle inquisitorial qu’il nécessiterait, et l’inégalité qu’il créerait entre les citoyens en face de l’impôt .Il voyait juste : nous nous en sommes aperçus depuis.
En cette même année, un mouvement s’était fait en Angleterre pour promouvoir la création d’un tunnel reliant, sous la Manche, la France et l’Angleterre. De chaque côté du détroit, les hommes d’état acceptaient cette idée qui paraissait alors réalisable. Dans une étude amplement documentée, Ferdinand Arnodin traita magistralement la question. Il reconnaissait que créer une voie de terre à travers le Pas-de-Calais, « c’était faire une œuvre utile à l’humanité, grandement favorable aux intérêts commerciaux des deux pays ». Selon lui, il y avait trois solutions : la digue, le tunnel et le pont. Il les discutait successivement , et arrivait à cette conclusion que la digue et le tunnel devaient être rejetés, la première en raison des frais énormes qu’elle nécessiterait, le second en raison des inconnues en présence desquelles on se trouverait lors de l’exécution. Restait le pont, seul possible, selon lui.
La grande médaille d’or des constructions et beaux-arts de la société d’encouragement pour l’industrie nationale est décernée à Ferdinand Arnodin.
.
5/02/1904 Décès d’Antoinette Issert, veuve de Thomas Arnodin à Chateauneuf/Loire, grande rue du port. Décès déclaré par Virgile Baudin, ingénieur demeurant grande rue du port, et Georges Arnodin, industriel demeurant avenue de la gare.
10/10/1904 Ferdinand Arnodin dépose le brevet de la riveuse portative, « la machine à coudre les tôles » comme la désigne la presse de l’époque, qui est en fait une riveuse et améliore les conditions de travail en atelier. Il s’agit d’une presse à poser les rivets qui sera successivement manuelle puis électrique ou pneumatique.
8/1905 Le pont transbordeur de Rouen est entièrement décoré pour les fêtes maritimes.
24/12/1905 Inauguration du pont transbordeur de Marseille. En 1907, un ascenseur est installé pour accéder au tablier sur lequel on ouvre un bar-restaurant situé au-dessus du Fort Saint Jean. . Il en avait coûté à Arnodin, en frais réels de construction, la somme de 1.500.000F., colossal investissement .Un peu plus tard un débit de boissons fut installé sur le tablier dans le pavillon opposé à celui des machines. Avec le début des années Quarante, l’ascenseur est officiellement mis hors service. La loi du 29/09/1942 de réquisition sur tout le matériel utilisable par l’économie nationale – et notamment les métaux- va signer la condamnation du transbordeur. Le 23/05/1943, il est cité au journal officiel parmi une liste de biens nécessaires à l’industrie. Quelques mois plus tard, un arrêté de l’office des Fontes, Fers et Aciers officialise sa réquisition, la chambre de commerce devant participer financièrement à sa démolition. Le 20/03/1944, les autorités d’occupation interdisent son fonctionnement. Le 22/08/1944 les autorités Allemandes font sauter à l’explosif le pylône nord qui s’écroule dans les eaux du vieux port en entraînant la travée centrale. Le 1/08/1945 les ingénieurs des Ponts et Chaussées se chargeaient de l’ultime démolition ( le dernier pylône se dressait encore dangereusement au-dessus du port ).
Le prix Alphonse Couvreux de la société des ingénieurs civils est décerné à Ferdinand Arnodin.
12/09/1906 Inauguration du pont transbordeur de New Port
1906 M Viger, rapporteur au Sénat de la commission des voies navigables, demanda à la chambre de commerce d’Orléans son avis sur un projet de canal de la Loire au Loir canalisé. Ferdinand Arnodin prépara la réponse. Après avoir examiné tous les tracés proposés, il démontra péremptoirement qu’une voie navigable ne pouvait rationnellement être établie que dans la vallée de la Loire, et que, là seulement, elle rendrait les services qu’on en attendait pour relier le port de Nantes et le réseau des voies navigables de l’ouest au réseau général français.
1907 L’enquête ouverte sur l’avant-projet de mise au gabarit normal du canal d’Orléans et son alimentation en eau fut soumise, pour avis, à la Chambre de commerce d’Orléans. Ce fut Ferdinand Arnodin qui fit le rapport sur la question qui était posée par le préfet. Il en fit une étude minutieuse, et, sur sa proposition, la chambre de commerce émit le vœu que les ponts non situés sur écluses soient modifiés de façon à offrir le tirant d’air normal, non seulement au-dessus de la voie d’eau, mais aussi du chemin de halage, de façon à ne présenter aucun obstacle à la libre pratique des tracteurs mécaniques sur les berges, et elle signala à l’administration des travaux publics tout l’intérêt qu’il y aurait à profiter de la réfection des écluses pour en diminuer le nombre et allonger les biefs. Les ingénieurs ont tenu compte de ces suggestions.
Le chenal sous le pont transbordeur de Bizerte devant être élargi, ce dernier sera démonté en trois mois et remonté à Brest en dix mois où le chenal était de même largeur.
1908 Construction du pont transbordeur de Brest provenant de la récupération de celui de Bizerte qui fut entièrement démonté et transporté. Pendant cette période, il étudie la possibilité de la construction d’un pont reliant la France à L’Angleterre sur la Manche.
1908 Ferdinand Arnodin fait une étude concernant la jonction de l’atlantique au Rhin, plus exactement de Nantes à Bâle. Un rapport de lui, non seulement préconise la construction d’un canal latéral d’Orléans à Nantes, mais donne un raccourci magistral du fonctionnement du réseau des canaux français, de leur avenir et de leur importance économique. Il donne également des renseignements statistiques importants et indique ce qu’il conviendrait de faire pour un équipement raisonnable de la France , et les avantages que cela comporterait vis-à-vis des projets de nos voisins immédiats : Allemagne, Suisse etc…,Il touche même à la politique de la France, faisant remarquer que depuis le 18é siècle, le manque de grandes décisions d’importance économique, fait reculer la place du pays dans le monde. Il rappelle au passage « qu’une nation qui dépense son argent chez elle, est œuvre d’utilité publique et s’enrichit toujours lorsque le travail est fait par ses nationaux. » un peu plus loin, sous une autre forme : « Que si l’on crée du travail à l’intérieur de la nation, cela équivaut à créer la richesse de la nation. » Tous les problèmes étudiés sont remarquablement précis ; il faut lire tous ces documents pour être convaincu que d’esprit et de cœur, Ferdinand Arnodin, dés 1908, pensait les grands problèmes de nos jours, et réclamait avec courage et lucidité, l’équipement de la France. Il publiera d’ailleurs l’année suivante 1909, un volume intitulé « La lutte économique des transports » où il complète et justifie ses vues sur ces équipements qu’il juge indispensables. Il ne fut pas écouté à cette époque, et la liaison envisagée de Nantes au Rhin est toujours dans les cartons, quand à celle du Rhin à Marseille, sa mise aux normes actuelles de la navigation n’est toujours pas terminée.
12/03/1908 Conférence donnée par Ferdinand Arnodin dans la salle des marbres du jardin zoologique d’Anvers sur « le Transbordeur ».
26/08/1908 Epreuves du pont transbordeur de Brest.
1909 Ferdinand Arnodin publie une étude sur la lutte économique des transports : « si l’on crée du travail à l’intérieur de la nation, cela équivaut à créer la richesse de la nation ».
31/10/1909 Construction d’un nouveau type de pont qui a déjà été expérimenté au Congo et en nouvelle Calédonie. Ce pont suspendu rigide de longue portée pour voies ferrées est construit par les établissements Arnodin avec la collaboration de son inventeur, le commandant Gisclard, un ancien polytechnicien. Après les épreuves, le train fou du pont Gisclard de la Cassagne s’écrase sur les rochers : 6 morts dont le commandant Gisclard et 9 blessés graves.
Le train s’était emballé. La vitesse augmentait de plus en plus. A chaque courbe et contre courbe, franchies à une allure vertigineuse, les voyageurs étaient violemment projetés tantôt d’un côté de la voiture, tantôt de l’autre. Les voyageurs, déjà effrayés par ces secousses, s’affolèrent.
Gaston s’écria : « Je n’ai rien à faire ici ! Je ne suis chargé d’aucun frein. Je puis donc me sauver. Faites comme moi ! ». Il se précipita à la portière et sauta du côté gauche de la voie. Il fut aussitôt projeté contre le talus et son sang se répandit sur le rocher, où on en voyait encore la trace le lendemain.
Ferdinand Arnodin voulut imiter son gendre. Il passa du compartiment de premières ( où était le commandant Gisclard ) dans le compartiment de secondes de la première automotrice. Arnodin tenta de sauter, mais M De Noëll, qui s’était accroché aux montants de la portière, l’en empêcha en lui criant : « Malheureux, qu’allez vous faire ? Vous ne commettrez pas cette imprudence ! Vous allez tomber dans le ravin car nous voici sur le pont. ». Arnodin retourna dans le compartiment de premières.
M Bezault, chef monteur à la maison Arnodin, fut tué.
F. Arnodin fut blessé à la base du crâne et à l’os frontal et a eu une épaule fracturée.
Le commandant Gisclard fut tué.
1910 Victor Kérihuel, beau-frère de Ferdinand Arnodin, contremaître d’usine chez Arnodin, puis ingénieur, part pour un chantier de pont au Tibet pour lequel il obtient en 1913 la croix de chevalier de la légion d’honneur pour avoir repoussé les attaques tibétaines contre le chantier.
13/10/1910 Une concession est accordée par décret à la société du pont à transbordeur de Bordeaux qui avait choisi le système Arnodin
La première pierre fut posée la même année . A la veille de la guerre de 1914 les deux pylônes étaient terminés. . Les services des ponts et chaussées ont prolongé pendant de nombreuses années les discussions techniques au sujet de ce projet qui fut finalement adopté en 1918 par le conseil général des ponts et chaussées avec très peu et légères modifications par rapport au projet initial de 1910. Le pont ne fut jamais construit malgré la volonté de la société qui se manifesta plusieurs années encore. En 1918, la hausse des aciers et de la main d’œuvre était telle que le capital initial prévu ne permit plus d’en poursuivre la réalisation.
28/10/1910 Mariage de Ferdinand Georges Arnodin, fils de Ferdinand Arnodin, avec Renée Marie Louise Chibrac.
5/12/1910 Poutrelle armé en acier spécial pour ponts suspendus ( système Arnodin ) : « La circulaire du 27/12/1886 prescrit pour les ponts une épreuve de poids roulant à l’aide d’une voiture de 11.000kg. sur deux roues. Pour les ponts anciens, si l’on conserve l’emploi du bois pour les poutrelles, on est arrêté par deux difficultés : la première, c’est que nos forêts fournissent difficilement des pièces capables d’être débitées en poutrelles suffisamment fortes pour laisser passer une voiture de 11T., la deuxième, c’est que l’augmentation de force entraîne une augmentation correspondante dans le poids du tablier et par suite, vient rompre l’équilibre de sécurité établi pour la suspension qui porte ce tablier. Pour résoudre ce problème il faut donc : 1° substituer au bois trop peu durable le métal qui l’est beaucoup plus et qui conserve mieux les formes assignées aux assemblages. 2° Obtenir une résistance suffisante pour la charge roulante d’une voiture de 11T., sans pour cela qu’il en résultât augmentation du poids de la poutrelle. C’est en suivant cet ordre d’idées qu’après bien des études et expériences comparatives nous nous sommes arrêté à l’emploi de l’acier, plus résistant que le fer à section égale, et à la forme d’une poutre armée qui permet de tripler la résistance produite par une poutrelle en bois, tout en restant avec un poids égal.»
1911 Construction d’un pont suspendu de 150m de portée sur le Yalou, affluent du Yang Tsé Kian, dans la province de Setchouen.
1912 Ferdinand Arnodin est fait officier de la Légion d’honneur.
Il dirige ses hommes de manière paternaliste : chaque année, à l’occasion de la Saint-Joseph ( son deuxième prénom ) le personnel lui offre un banquet ; en retour, il leur sert du champagne. Ses concitoyens le surnomment « Chapiau » car il ne sort jamais sans chapeau quelque soit la saison.
1913 Une catastrophe venait de se produire, et, sans en être prié, sous le coup de l’émotion qu’il en avait ressentie, Ferdinand Arnodin écrivit que, si l’on se préoccupait constamment du transport des marchandises, on pensait moins « au colis le plus précieux :l’homme, dont la sécurité devait être assurée ». C’était l’entée en matière d’une longue étude, avec plans à l’appui, des causes les plus fréquentes des accidents de chemin de fer, et il proposa diverses mesures destinées à les prévenir. La Chambre de Commerce d’Orléans, approuvant ses conclusions, donna à son rapport une large publicité. Les compagnies ont adopté quelques-unes des dispositions préconisées par Arnodin.
Construction du pont suspendu de Lapleau ou viaduc des Rochers Noirs (Corrèze) inauguré par Raymond Poincaré.
1914 La guerre commençait et personne n’en prévoyait la longue durée. Cependant, Ferdinand Arnodin considérait qu’il était sage de penser aux graves problèmes que nous aurions à résoudre lorsqu’elle serait terminée. Dans une étude remarquable où il manifestait sa compétence avertie en matière financière, il envisageait les mesures à prendre lorsqu’il faudrait « réparer les ruines de la guerre, reconstituer les approvisionnements de toutes sortes, et conquérir de nouveaux marchés précédemment détenus par nos ennemis…Un gros effort commercial et industriel devra être fait, un capital considérable sera nécessaire » et il demandait « à l’état et à la banque de France de préparer toutes choses utiles pour la reprise des affaires ». Ennemi de l’inflation, dont il prévoyait les inconvénients et les dangers, il préconisait un système qui aurait permis à la Banque de France d’augmenter la circulation fiduciaire en prenant pour gage les valeurs mobilières détenus par les particuliers et composant la fortune nationale. Ce procédé n’a pas été adopté, mais il n’en reste pas moins que dans ce rapport, rempli de justes observations, Arnodin a fait preuve d’une rare clairvoyance.
12/1914 Comme il s’agissait de préserver nos soldats du froid pendant l’hiver qui commençait, Ferdinand Arnodin adresse un éloquent appel aux femmes françaises des cantons de Jargeau et de Châteauneuf. Le commencement mérite d’être cité, car il peint bien l’esprit et surtout le cœur de Ferdinand Arnodin : « En vertu des instructions de M le ministre de la guerre, M le préfet du Loiret a institué dans notre département des commissions régionales pour l’achat et la fabrication d’habits chauds pour nos soldats. La présidence de cette commission m’a été proposée pour la région comprenant les deux cantons de Châteauneuf et de Jargeau. Je me suis retranché derrière mon incompétence, mais M le préfet ayant fait appel à mon patriotisme et à mon dévouement, j’ai alors répondu : Présent ! » Et il s’est occupé activement de distribuer aux femmes de bonne volonté, et elles furent nombreuses, les laines qu’elles se mirent à tricoter inlassablement.
1915 Un député proposa de créer une caisse nationale de crédit mobilier. Cette création était grosse de conséquences graves. Ferdinand Arnodin les mit en lumières, et la chambre de commerce d’Orléans déclara qu’une caisse nationale de prêts serait compromettante pour le trésor et indésirable pour le commerce et l pour le commerce et l’industrie.
1916 Le ministre du commerce avait envoyé aux chambres de commerce un questionnaire concernant le matériel industriel. Ferdinand Arnodin était tout désigné pour préparer la réponse. Dans son rapport, après avoir jeté un coup d’œil en arrière, il passe en revue les différentes nations industrielles de l’Europe, particulièrement l’Angleterre, l’Allemagne et la France. Il constate avec regret que, chez nous, le capital des quelques établissements fabriquant de l’outillage pouvait être évalué, à la mobilisation, à 40 millions au maximum, alors que cette valeur dépassait un milliard en Allemagne. La chambre de commerce conclut, avec lui : « que le gouvernement, l’industriel fabricant et l’acheteur devaient faire l’effort nécessaire pour que l’outillage dont nous avons besoin soit fabriqué en France, afin de ne pas nous laisser envahir et suborner par les vendeurs étrangers qui, avant la guerre, étaient presque tous Allemands ».
1917 Ferdinand Arnodin dépose un brevet pour un type de moteur à explosion.
Il parla deux fois, à la chambre de commerce d’Orléans, du rendement des forêts domaniales et de l’élévation des prix du bois, mais, dans le domaine agricole, la question qu’il approfondit le plus fut celle du blé. « C’est celle, écrivait-il, qui doit le plus fixer notre attention dans les circonstances présentes ; elle est plus intéressante que celle du charbon parce qu’intéressant l’unanimité de la population ». En effet, la disette du blé était alors à craindre pour la campagne 1917-1918.Il est impossible de résumer ce rapport qui constitue, à lui tout seul, une brochure. Qu’il suffise de dire que Ferdinand Arnodin n’a pas traité la question en pur théoricien ; il a fait des expériences sur la pelouse qui sépare sa maison d’habitation de son usine, il a surveillé lui-même, et jour par jour, ses essais, il a noté les résultats et appuyé ses comparaisons de documents photographiques. Cette étude a été très remarquée et très appréciée par les spécialistes.
Un peu plus tard, il revint sur cette question, et il lançait un appel aux Français pour recommander, dans un tract saisissant, la méthode qu’il avait préconisée : l’ensemencement en ligne qui économise la semence et permet le sarclage pour débarrasser la terre des mauvaises herbes qui privent le blé d’une partie de sa nourriture. Ce tract, répandu à un grand nombre d’exemplaires, fut apostillé par un certain nombre de notabilités, notamment par MM Viger, sénateur, ancien ministre de l’agriculture, et Darblay, président du syndicat des agriculteurs du Loiret.
1918 Une autre question agricole fut traitée avec quelque ampleur par Ferdinand Arnodin : c’est celle du remembrement du sol de France pour éviter un morcellement excessif de la propriété. Cette question n’a pas abouti à une loi.
Un nouvel accident de chemin de fer, à Pont-sur-Yonne, fait comme celui de Melun, de nombreuses victimes. Sur un nouveau rapport de Ferdinand Arnodin au sujet de cette catastrophe, la chambre de commerce d’Orléans renouvelle ses instances auprès des compagnies pour qu’elles assurent d’une façon plus efficace la sécurité des voyageurs.
16/10/1918 Décès de Ferdinand Georges Arnodin, industriel domicilié 123 rue du Gâtinais. Décès déclaré par son beau-frère Gaston Leinekugel Le Cocq et son frère Georges Arnodin.
1920 Ferdinand Arnodin publie un document sur l’historique des moyens de suspension naturelle pour les ponts et la construction par ses usines des câbles à torsion alternative.
Il prévint la chambre de commerce d’Orléans qu’il ne poserait pas de nouveau sa candidature aux élections qui allaient avoir lieu pour son renouvellement en disant : « Je ne puis pas suivre vos séances parce que j’entends mal, mais si vous avez besoin de moi, je resterai toujours à votre disposition. Ne craignez rien, dit-il, usez de moi. Lorsque vous avez un travail à faire, ne le confiez pas à un homme innocupé : il n’aura pas le temps ; mais donnez le, au contraire, à un homme accablé de besogne : il le fera vite et il le fera bien »
22/02/1921 Décès de Charlotte Isabelle Kerihuel à Châteauneuf/Loire. Décès déclaré par son fils Georges Arnodin et son gendre Gaston Leinekugel Le Cocq ;
14/04/1924 Décès de Ferdinand Arnodin à son domicile à Châteauneuf/Loire. Décès déclaré par son fils Georges La veille il avait reçu la visite de son ami le Cardinal Touchet.
En prévision de sa mort Ferdinand avait émis le souhait d’être inhumé en toute simplicité et avait écrit dans son carnet :
« Lorsque sera sonnée ma dernière heure,
Que les miens simplifient la cérémonie,
Suppriment les discours, les couronnes, les fleurs,
Reportent leur action aux jeunes… c’est la vie.
Est-ce qu’à ma naissance, autour de mon berceau,
Il y eut orateurs, fleurs et pages poudrés ?
Non, elle fut obscure, pourquoi viser plus haut ?
Amis, laissez-moi partir comme je suis né.
9/05/1924 Séance de la chambre de commerce d’Orléans : Ferdinand Arnodin fut un constructeur éminent dont la réputation mondiale était tout à l’honneur et à la gloire de notre industrie française. Il fit surtout la fortune de son pays Témoin cette parole d’un vigneron en la séance du conseil municipal : « Il y a quarante ans, une partie du pays, le port, était un véritable refuge de loqueteux, de mendiants, un abri de misère ; Depuis qu’Arnodin a fondé ici une usine, il n’y a plus de mendiants. » Depuis cette époque, Châteauneuf/Loire a prospéré, d’autres usines sont venues greffer son industrie, son commerce s’est considérablement développé..
Nécrologie de Ferdinand Arnodin par M A. Bonnichon, président de la chambre de commerce d’Orléans :
« …. Ce souci de la recherche de solutions économiques et pratiques, allié à son esprit d’observation toujours en éveil, devait conduire Ferdinand Arnodin, au cours de sa longue carrière, à la rénovation complète du pont suspendu, alors discrédité tant auprès des techniciens que du simple public, depuis l’écroulement retentissant du pont de la Basse-Chaîne, à Angers, au passage d’une troupe en armes.
Parmi les premières améliorations, on peut citer :
La substitution des câbles à torsions alternatives de sa fabrication aux câbles à fils parallèles en écheveau constituant le seul mode de suspension jusqu’alors en usage,.
Les assemblages amovibles, permettant la pose ou la dépose de l’un quelconque des organes d’un pont suspendu,
L’adaptation de poutres raidissantes de son système et de câbles obliques de rigidité,
La suppression totale de l’emploi du bois, cause de dislocation rapide, partant d’entretien onéreux, et son remplacement par des organes métalliques assurant, en même temps qu’une plus grande résistance, une meilleure viabilité,
Enfin dernier progrès, l’emploi d’une chaussée pavée sur dalles, en ciment armé, capable de supporter les lourds convois imposés par les récentes circulaires administratives aux ouvrages métalliques.
Grâce à ces perfectionnements successifs résultant d’une longue expérience et d’une recherche constante de solutions rationnelles et économiques, Ferdinand Arnodin était arrivé à mettre les ponts sur câbles en état de présenter les mêmes garanties de sécurité que les ouvrages en charpente métallique ou en ciment armé, tout en leur conservant ce caractère d’élégance et de légèreté qui révèle la construction française.
Si nous ajoutons à cela cette découverte originale que la transformation de ces ponts désuets en ponts modernes pouvait s’effectuer sans en interrompre le trafic et à l’aide d’un personnel peu nombreux, nous aurons, en quelques phrases, exposé le développement des progrès immenses réalisés par ce génial inventeur dans la construction des ponts suspendus. De progrès en progrès, Ferdinand Arnodin en était arrivé à la conception du pont transbordeur qui porte son nom…….
Quoi qu’il en soit, Ferdinand Arnodin a été toute sa vie cet homme accablé de besogne, mais il avait réglé son travail avec tant de méthode qu’il trouva le temps d’acquérir de vastes connaissances, en histoire, en littérature, en économie politique, en science financière. Il s’intéressait à tout et il avait plus que des clartés de tout, car son esprit était loin d’être superficiel. Aussi, sa conversation était-elle pleine de charmes et d’enseignements En ce qui me concerne, je n’ai jamais causé avec lui sans apprendre quelque chose que j’ignorais.
Nous l’avons vu de près, ici même, dans cette salle, et nous avons tous apprécié la cordialité de son accueil, la distinction de son esprit, la lucidité de ses exposés, la courtoisie de ses discussions, l’impartialité de ses jugements, et, par-dessus tout, son infaillible bon sens. A nos séances, il écoutait plus qu’il ne parlait, mais lorsque se posait une question dans laquelle il était particulièrement compétent, il laissait toutes les opinions se manifester, puis il demandait la parole. En quelques mots précis, il résumait ce qui avait été dit, dégageait l’essentiel de la question, et formulait une opinion toujours basée sur une expérience raisonnée. Aussi, ses avis nous étaient-ils particulièrement précieux, et étaient-ils toujours suivis..
Tel nous l’avons connu à la chambre de commerce, tel il était dans les nombreuses assemblées dont il faisait partie, et, notamment, au conseil d’administration de la Banque de France, à Orléans, où j’avais l’occasion de le rencontrer.
Aux qualités que j’ai essayé de mettre en relief, je dois ajouter que, dans ses relations avec ses ouvriers, d’une part, et avec les Pouvoirs publics, d’autre part, Ferdinand Arnodin fit toujours preuve de bonté, de justice, et d’une conscience scrupuleuse. Les travaux qu’il a exécutés dans des pays très différents avec des ouvriers recrutés sur place, et, par conséquent, de caractères très divers, n’ont jamais donné lieu à de sérieuses contestations. Ces mêmes travaux ont été contrôlés par diverses administrations, et il n’y eut jamais avec elles la moindre difficulté.
Voilà un homme qui, lancé dans la vie avec un léger bagage de connaissances primaires, et avec un pécule léger aussi, est arrivé, même avant l’âge mûr ( lui qui n’était passé par aucune de nos grandes Ecoles, et qui n’était pourvu d’aucun diplôme), à se faire écouter des représentants officiels de l’Etat sortis des premiers de l’Ecole polytechnique, de l’Ecole des mines et de l’Ecole des ponts et chaussées, et à être considéré par eux comme une autorité qu’on ne discute pas, mais qu’on suit. Il pouvait en être légitimement fier, et on lui pardonnerait aisément quelque orgueil bien explicable. Cependant, il n’en eut aucun, sa plus grande satisfaction fut celle du chercheur qui trouve la solution d’un problème difficile. Il fut toujours modeste, il le fut dans sa vie, et il le fut dans sa mort.
Lorsque son heure arriva, il l’accepta courageusement, et, bien qu’il n’eût abandonné aucun de ses travaux, il était prêt.
Chargé d’une lourde affaire à laquelle ont collaboré son fils aîné, M Georges Arnodin, notre collègue ; M Leinekugel Le Cocq, ingénieur de la marine, son gendre ; et M Ferdinand Arnodin, son second fils, mort pour la France, il pouvait laissé avec confiance à ses héritiers le vaste champ d’action qu’il avait ouvert devant eux.
Dans ce sentiment de modestie auquel je rendais hommage tout à l’heure, Ferdinand Arnodin pensa à régler ses obsèques et il en proscrivit toute pompe ».
5/05/1925 Allocution du Cardinal Touchet, parlant de Ferdinand Arnodin, au mariage de Noëlle Leinekugel Le Cocq avec Georges Perret : « Le patriarche, Le fondateur, Le chef de famille : M Arnodin droit comme un vieux chêne, fier et bon, avec sa noble tête aux yeux de saphir, son front surmonté d’une incomparable couronne de cheveux blancs. Derrière lui traîne imposante, alliant le souvenir de sa vie de jeune campagnard, puis d’ouvrier, puis de mécanicien quasi génial, puis d’inventeur inlassable, puis d’homme appliqué à tous les genres d’études, d’autodidacte étonnant. »
31/05/1925 15.000 Nantais assistent avec stupeur au plongeon mortel, du haut du tablier du pont transbordeur, de l’acrobate polonais Willy Wolf qui avait pourtant déjà plongé avec succès du haut du transbordeur de Rouen.
1928 Sigfried Giedion, Bauen in Frankreich, Leipzig-Berlin:
« C’est dans les escaliers battus par le vent de la tour Eiffel ou, mieux encore, entre les poutres métalliques d’un pont transbordeur qu’on découvre l’expérience esthétique fondamentale de l’architecture d’aujourd’hui : Les choses – les navires, la mer, les immeubles, les mâts, le paysage, le port – passent au travers du mince filet de fer qui demeure tendu dans l’espace. Elles perdent leur forme bien délimitée, elles se mêlent dans un même mouvement tournant vers le bas, elles se confondent toutes en même temps. »
1935 Texte d’ André Suarès sur le pont transbordeur de Marseille :
« Haubans de fer, vergues de métal, rêts qui pêchent le ciel, le pont transbordeur est une toile et l’homme qui croit y passer, une mouche que guette l’araignée.
Nuit provençale qui sent la nébuleuse et l’ail, l’algue et l’anis, au-dessus de tes champs et de tes flammes, le pont tend ses filets de fer pour pêcher les étoiles.
Sur le pont transbordeur tout le monde y passe et même la poufiasse va voir la bonne-mère. »
Nos remerciements à Didier Leinekugel Le Cocq (arrière grand fils de Ferdinand Arnodin) de cette excellente histoire
Our thanks to Didier Leinekugel Le Cocq (great grandson of Ferdinand Arnodin) for this superb story
Please contact the Crow Point team with any enquiries.
Links in this section include:
Click the following summary for more ...
04 Sept 2006
From the semi-natural ancient woodlands of Coed Wen and Plas Machen to the meadows at Llanmartin and the wet pastures and reen systems of the Levels, Newport has a wealth of habitats and wildlife. You can find out more by meetingNewport's Countryside Team at Crow Point Festival.
One thing you shouldn't miss if you come to the festival by bike is the Newport Wetlands Reserve. The Reserve was created as compensation for the loss of habitat caused by the building of the barrage in Cardiff Bay. Reedbeds, lowland wet grassland, saline lagoons, and saltmarsh have been created over 438.6 ha between Uskmouth and Goldcliff.
04 Sept 2006
After a hearing on Monday 4th September Crow Point Festival has a full licence for the 16th and 17th September. Crow Point is the first large scale event of its sort to get a licence in Newport since the new licensing act was introduced.
The festival organisers are delighted to have received this piece of good news. We would like to remind the public that no cars are allowed on site and that last entrance on both days will be at 7.30pm. For more information on opening times and admission requirements please click here. Enjoy the free festival!!
18 Sept 2006
Over the weekend of Saturday 16th and Sunday 17th September close to 14,000 attended the free attractions in Coronation Park. After a delayed start we saw 5,300 on Saturday and a further 8,500 on Sunday. More information will appear on the website over the next weekend. In the meantime Crow Point organisers would like to thank our team of workers, our sponsors and supporters, our traders and the public of Newport for making this such a great event.
04 Sept 2006
On Saturday 16th September the festival programme includes a late-season produce show. This the first horticultural and produce show in the centre of Newport for many years.
The produce show marks and supports the renewed interest in gardening and healthy eating in the City. The schedule of competition classes, which are aimed at both novice and expert growers, is now available to download by clicking here . For further information contact Sara Walsh on 01633 665989 (evenings) or at saras.garden@ntlworld.com .
31st July 2006
Crow Point will be one of the fundraising events to support Mayor Miqdad Al-Nuaimi's two chosen charities: Growing Space and the Campaign to Restore St Woolos Cathedral.
Crow Point will help these two causes by giving them the excluive rights to collect money at the festival. Please click here for more.